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Subjectivité, religion et politique PDF Print E-mail
Tuesday, 21 October 2008

Hegel débute en 1801 sa carrière universitaire à Iéna, centre philosophique de l’Allemagne. Il quitte Frankfurt avec une certaine joie pour s’installer à Iena, profitant d’un petit héritage de son père, ce qui va lui permettre de passer un  temps sans trop de soucis financiers.

En plus Iéna offre aux jeunes intellectuels une belle destination: ce n’est plus le centre du mouvement romantique, et malgré le départ de Fichte- obligé de se démettre de sa chaire a Iéna á cause de la dispute dite sur l’ “théisme”- , Schelling vient d’être nommé professeur en 1799.

Alicia Noemí Farinati, Buenos Aires

Subjectivité, Religion et Politique.

 

"La philosophie saisit son temps dans les pensées”

(Principes de la philosophie du droit, 1821).

 

Hegel débute en 1801 sa carrière universitaire à Iéna, centre philosophique de l’Allemagne. Il quitte Frankfurt avec une certaine joie pour s’installer à Iena, profitant d’un petit héritage de son père, ce qui va lui permettre de passer un  temps sans trop de soucis financiers.

En plus Iéna offre aux jeunes intellectuels une belle destination: ce n’est plus le centre du mouvement romantique, et malgré le départ de Fichte- obligé de se démettre de sa chaire a Iéna á cause de la dispute dite sur l’ “théisme”- , Schelling vient d’être nommé professeur en 1799.

 

Le Saxe-Weimar offre donc aux jeunes un refuge où prospérait une philosophie nouvelle, vivante  et audacieuse. Une ville dans un état minuscule où le Ministre de l’Instruction et les Cultes n’était autre que Goethe!.

 

La période d’Iéna réprésente à bien des égards le moment le plus originalement créateur de la vie de Hegel. C’est ici où il a forgé les idées qui le distingueront le plus nettement des autres penseurs; c’est la fabrique de ce qu’il  a appelé  “ des concepts inconcevables”.

 

Cela a incité á dintinguer  un jeune et audacieux Hegel  et un vieil Hegel dont l’esprit sclérosé rumine des audacieuses conquêtes intellectuelles. On passe de la révolution au philistin. Serait-il un parvenu?

Nous ne le pensons absolument pas: la pensée de la maturité se trouvait “ in nuce” a  Iéna, el nous dit en 1801-:

 

 “La contradiction est la règle pour le vrai, la non-contradiction pour le faux”, et

 

 “Le syllogisme est le principe de l’idéalisme”, ainsi que

 

“L’éthicité-  Sittlichkeit- parfaite se situe en contradiction avec la vertu”- au grand scandale des kantiens-.

 

Cela aboutit dans la  Constitution de l’Allemagne  à proposer aux Allemands la tâche de détruire ce qui est périmé et de rattraper “ l’esprit du temps” dans sa course ininterrompue.

 

L’amer gémissement du patriote “L’Allemagne n’est plus un Etat” date de 1802, mais Hegel ne publiera pas cet opuscule, Peut-être voulait-il seulement “ comprendre” ?.

 

Hegel s’oriente rapidement vers la logique, les sciences humaines et la théorie de l’histoire-Logique, Métaphysique et Philosophie de la nature, de 1801- 02 et  Système de la Moralité Sittlichkeitt de 1802;  Constitution de l’Allemagne et les deux opuscules  Differenz  et  Glauben und Wissen- ( Foi et Savoir)

 

 Le monde de Hegel à Iéna était le monde de la critique et de la révolution: critique rationaliste de l’ordre constitué, critique de la culture, critique kantienne de la connaissance; révolution industrielle, révolution francaise, révolution romantique.

 

Le monde en proie à une mobilité dévorante semblait entrer dans la “Bacanale de la Verité, où tous doivent s’énivrer et d’où personne ne sort sans s’anéantir”- Ph.G. p.39.

 

 Au moment même où tombent les barrières apparaît une lueur: la philosophie subjective qui était seulement manifestation de la folie et du malheur- System fragment de 1802- apprenaît à l’homme à se replier sur lui- même, cède au monde qui peut-être habitait, liait à son époque.

 

La polarité émerge de l’esprit moderne, les contradictions se manifestent et forment un tout indivisible. L’Histoire de la Philosophie, en raison de ces antagonismes est donc l’histoire des contradictions fondamentales- entre l’Esprit et la matière, l’âme et le corps, la foi et l’entendement, la liberté et la nécessité”.

 

“Geist und Materie, Seele und Leib, Glauben und Verstand, Freiheit und Notwendigkeit (...) Vernunft und Sinnlichkeit, Intelligenz und Natur (...) Subjektivität und Objektivität”, Erste Druckschriften, p. 13, fr P. 87.

 

 Ces concepts, qui sont à la base de la philosophie kantienne sont ceux-là même qui vont dissoudre l’analyse dialectique.

 “L’essence de la Philosophie est  précisément sans fondament par rapport aux particularités et, si l’on veut parvenir a la philosophie, il faut, si l’expression de corps rend bien la somme des particularités, s’y jeter à corps perdu; car la raison, qui trouve la conscience embarrassée dans les particularités, ne s’élevè à la spéculation philosophique qu’en se haussant à son propre niveau et qu’en se confiant à soi seule et à l’Absolu devenu en même temps son propre objet...( Differenz, J.43,fr,80).

 

La conscience aigüe de la scission- Bruch-Entzweiung-dont nous venons de parler et l’expérience vécue de cette contradiction ont conduit Hegel à voir l’exigence de la philosophie comme le produit d’une époque de crise, sur la base d’une situation historique, et cette scission est à l’origine du besoin de la philosophie –D. I-44-

 

L’opposition entre le sujet et l’objet est au centre des méditations du jeune Hegel , problème existentiel et historique que Hegel pense d’une façón radicalement différente de la philosophie traditionnelle.

 

L’élévation d’un Dieu au dessus de la nature et de l’homme, conçu comme une nature subalterne; la passivité de l’homme confronté à Dieu, la réification rationaliste de la nature et l’assujetissement de l’homme à l’homme apparaissent comme des aspects complémentaires d’un processus d’aliénation qui rend l’homme étranger au monde et à sa propre nature.

 

Mais cette aliénation n’est qu’un phénomène proprement historique, étroitement lié au degré de liberté politique, puisque de celle-ci dépend la “satisfaction” ou le “malheur”  de l’homme et donc soit sa maniere de s’insérer” dans le monde ou sa “fuite” dans un au-delà.

 

Derrière les oppositions théoriques, pratiques et religieuses entre sujet et objet agit l’  expérience mobile de l’histoire, le lien où le destin de la collectivité se joue.

L’histoire est le seul homme concret, l’individu n’est qu’une abstraction, l’histoire, la réligion, le degré de liberté politique de ce peuple ne se laissent pas  considérer séparémment, ils sont liés d’une manière indissoluble”. Th.J. p.27.

 

La liaison harmonieuse entre le citoyen et le monde porte en elle un rapport harmonieux entre l’homme et le monde. “Seule la masse qui n’a pas de courage civique et vit dans un  état d’oppression et de désespoir a besoin de consolation- Th.J. p.70- pour trouver une compensation à sa misère ayant atteint le maximun”, mais “le libre républicain inspiré par l’esprit de son peuple, met toutes ses forces et sa vie au service de la Patrie afin d’accomplir son devoir et de travailler pour elle.

 

En faisant de l’homme un citoyen du Ciel, l’Etat est dévalorisé -par le Chistianisme- ainsi que l’intérêt pour la “ chose publique”. Dans la lettre à Schelling du 16-4-1795, Hegel dit: “ ...(La)  religion et politique ont la même fonction; la religion a enseigné ce que le despotisme voulait: le mépris du genre humain, son incapacité au bien- n’importe lequel- son incapacité pour être n’importe quoi par soi même- et Maquiavel dans le Discours sur la Premiere Décade de Tite-Live -Discorsi sulla prima Decade de Tito Livio, T.L.II.2- l’avait déjà ráppellé.

 

Mais Hegel va au-delà, dans la même voie que Marx et que Nietzsche, car la cause immédiate de la perte de la liberté a été la formation d’une classe dominante de chefs militaires et de bourgeois riches auxquels le peuple a laissé la direction de l’Etat et l’image de l’Etat comme son  produit disparaît de l’âme du citoyen. La conscience globale de l’ensemble devient l’affaire exclusive d’un ou de quelques individus.-Th-J. Schr. p.223.-

 

Il n’y a plus d’activité pour l’ensemble, tout se réfère à l’individu. Au républicain, survit la république.

 

Cette misère et cet esclavage universels- où l’individu privé n’est intéressé qu’à la sécurité de sa propriété, qui comble son univers- est le royaume du christianisme parfaitement adapté aux  besoins de l’époque, puisque né au sein d’un peuple individué -Th. J. p.224- avec la même dégénerèscence, le même vide, la même imperfection.

 

Le paganisme était la religion des hommes libres et socialement réalisés, le christianisme la religion des esclaves, condamnés au césarisme à rêver d’une vie illusoire dans un monde de la diversité du réel: “Le despotisme des princes romains a chassé l’esprit de la surface de la terre; la négativité de la liberté l’aurait contraint à projecter l’absolu, l’éternel dans la divinité.”

La misère que le despotisme a provoqué l’oblige à chercher et à atteindre le bonheur au ciel- Th. J. p. 230-. Les rélations Seigneur-Esclave qui sont la base existentielle de la scission designée comme celle du sujet et de l’object s’imposent.

L’homme a cessé de sentir en lui l’unité avec Dieu, se transformant en un objet inanimé de la volonté de l’Etat extérieur où il projette sa vie refusée dans un Dieu tout puissant dorenavant separé de l’homme par un abîme insurmontable: la transformation de Dieu en une puissance objective détachée, “est allé de pair avec la corruption et l’esclavage des hommes, ce qui n’est plus que la manifestation de l’esprit de l’époque” -Th. J. p. 231.-

 

Dans l’incapacité radicale du christianisme de concilier Dieu et le monde, l’esprit et la nature Hegel a  trouvé l’explication de cette opposition, de cette discordance, toujours re-naissante qui traverse l’histoire de l’Occident: de la “conscience malheureuse” du Moyen Age au “monstreux orgueil” de l’idéalisme subjectif de Fichte ( Glauben u.Wissen, J. 417, fr. 288).

 

Ce délire de la présomption, cette exaltation du Moi théorique et pratique, cette divinisation du Sujet jusqu’à proposer la démystification du culte du Dieu-object,- l’ego du cogito cartésien-kantien et du “volo” fichtéen réduit le monde à un “cadavre”, à une “matière morte” sur laquelle règne le “concept”.

 

L’idéalisme subjectif n’est qu’une “synthêse de domination” où il y a seulement des “êtres dominants et dominés”(D. I. 108,111,116)

 

A cette profanation du monde et au malheur qui en résulte, Hegel oppose la nostalgie de toute sa génération qui cherche le divin “herbis et lapidibus” et aspire à la jouissance sanctifiée au sein d’une communauté reconstituée”. D. I- 46.

 

Ces espoirs de jeunesse rappellent encore une fois cette “ scission” des premiers écrits et Hegel écrit:

“Finalement, après 40 ans de guerres et d’un déssarroi infini, un vieux coeur pouvait se réjouir de ce qu’ils s’étaient terminés et que la paix s’était établie, On pouvait espérer qu’une réconciliation permanente s’installerait. Seulement (...) il reste toujours une scission -Bruch- du côté du principe catholique, d’une part, et du principe de la volonté subjective, de l’autre”- Philosophie  der Weltgeschichte . p. 923-

 

La contradiction entre consciencie réligieuse -le roi Charles X représente la mentalité- Gesinnung- catholique  des hommes d’Etat et la Constitution abstraite de l’Etat rend la reconciliation imposible.

 

Le libéralisme qui prône le principe d’un individualisme atomistique et le catholicisme, qui est une religion répressive, sont les deux obstacles qui ocassionne “le conflit, le noeud et le problème, devant lequel l’histoire -1831- se trouve et qu’elle aura à résoudre dans l’avenir”. –Ph. W.g. p. 923-

 

L’opposition de l’individualisme libéral forcené d’aujourd’hui et d’un Etat mû par le bien commun pour les citoyens, et la lutte contre toute aliénation forment, pour nous aussi, un des plus graves problèmes de l’époque contemporaine. Agrandis et aggravés par une “mondialisation” inique et l’incapacité des Etats modernes d’arrêter les guerres, les injustices économiques et la faim.

 

Ce principe du sujet individuel -introduit comnme nous l’avons deja rappelé par le christianisme-, de par son autonomie a le droit de se se poser et d’être traité comme une personne indépendante et de conquérir la satisfaction de ses véritables intérêts particuliers. L’Etat véritable- qui n’est ni la Polis grecque, ni l’utopie platonicienne- est un organisme bien reglé dont la liberté fonde la liberté et le bonheur de chacun de ses membres et en résulte.

 

Sans participation à la vie organisée de l’Etat, la liberté individuelle ne serait qu’une potentialité vide. Le consentement des citoyens et la paix sociale-élements nécessaires de l’Etat dont Hegel décrit le statut dans la Philosophie de Droit du 1821, sont les conséquences de l’unité de la volonté universelle et de celle de tous les citoyens raisonnables.

 

La claire conscience de ce principe ne vient que depuis la Révolution Francaise, l’esprit libre gouverne la réalité politique. La liberté concrète et le bonheur dépendent de la Constitution et de la vie de l’Etat, mais celui-ci doit à son tour son excellence, s’il l’a, à la religion qui en est le fondamnt. -Ph.R. par. 142-156-

 

Mais, dans un Etat libre et raisonnable cette participation  rend les citoyens libres et bons. La formation Bildung, -Phil. R. 268-270- qui les délivre de leur subjectivisme et leur apprend que leurs intérêts particuliers coincïdent avec l’intérêt de la collectivité produit une profonde confiance dans l’Etat  -Phil. R.  par. 268,147- qui, à son tour rend l’Etat libre et fort.

 

L’Etat est donc “une Totalité achevée” –J. Sch. 36- un organisme complet, accompli et élaboré. Cependant on doit montrer, dit Hegel, dans quelle mesure la religion -comme aussi l’ art, la philosophie- est un moyen  pour la formation de l’Etat.

 

Dans la remarque du paragraphe 270 de la Philosophie du Droit, la religion apparaît  comme un problème politique et juridique. Ce problème a été discuté maintes fois par Hegel. On a remarqué que sa position  a changé et quelle présente même des contradictions dans une même période- voir à ce sujet la seconde Real Philosophie de Iéna, par example -  à l’égard des relations entre la réligión et l’Etat:

 

“Le gouvernement se tient au-dessus de tout, c’est l’esprit se connaissant lui-même comme essence et réalité universelles” -Jeneanser Philosophie des Geistes p. 193.-

 

Les écrits de Iéna révèlent déjà les caractéristiques dominantes de la philosophie de Hegel, son insistance sur l’universel, envisagé comme l’être véritable, que Marcuse signale comme le défaut de la “communauté” dans la société individualiste.

 

L’universel véritable est pour lui une communauté sauvegardant et satisfaisant les exigences de l’individu.

 

Les contradictions de la société de son temps émpêchent une reconciliation authentique de l’individuel et de l’universel en dehors du déploiement des antagonismes, qui doit amener les formes de vie établies au point critique où elles contrediront manifestement leur contenu.

 

Il est indéniable que ces conditions, quelque justification que leur apporte la nécessité économique, contradisent l’ideal de la liberté. Car les plus hautes virtualités de l’humanité résident dans l’union rationnelle d’individus libres, soit dans l’universel et non dans des particularités figés. L’individu atteint son épanouissement dans sa libre appartenence à une Communauté réelle.

 

Réligion et Etat sont pour Hegel l’intériorité et l’extériorité d’une seule réalité historique. Le but voulu par la religion est double: sur le plan de l’action, elle ne veut rien d’autre que le bien-être et la liberté de l’Etat et du citoyen; sur son propre plan, l’action “pratique” qu’elle souhaite s’épuise dans la jouissance de la verité (Ph. R, paragraphe 226).

Au dessus de la théorie vécue dans l’art, la religión et la philosophie, il n’y a pas de forme supérieure de vie humaine. Du point de vue pratique, la religión n’est que la source d’une réalité mondaine dont les structures et la vie peuvent se configurer et se comprendre sans un appel explicite aux vérités de la religion

 

Dans l’ordre politique qui represente un niveau plus bas, non pas infini, mais fini, ne peut exister un ordre raisonnable que s’il  puisse son inspiration dans le rapport subjectif et fondamental avec l’Absolu qui se nomme religión.

 

La religión fonde, confirme, sanctionne et garantit la pratique du droit, de la morale et de la philosophie; mais elle n’ajoute rien aux lois et contenus de cette pratique, qui peut se déduire et se justifier à partir d’élements non religieux.

 

Si la religión polemique contre l’Etat et prétend remplacer la politique de celui-ci par une politique immédiatement religieuse, elle essaie d’échapper au dur travail de la transformation historique du monde sous la conduite de l’esprit.

 

Toute l’histoire du monde ne suffit pas assez pour parfaire ce travail!.

 La fuite devant la dureté de l’engagement politique condamne les religions trop célestes à l’utopie et à l’anomie

 

Pour autant que les différents peuples se sont organisés en Etats nationaux, chacun d’eux constitue à l’intérieur de lui-même une substance infinie -Enzyklopädie der philosophischen Winssenschaften . p.  552.- mais tous les peuples aussi comme peuples singuliers sont finis de diverses façons- E. p. 558, 552-.

 

La finitude des peuples singuliers s’exprime dans leurs relations internationales pleines de violence, dont un Sollen irréel- Enz. p. 545,547. Ph. R. par. 330-333 R.- est incapable d’empêcher les guerres, les traités précaires et les moeurs peu sûres. E. p. 547; Ph. R, par. 334,339 R.-

 

Tout Etat, tout “dieu”  dans son histoire a peri et périra, même les plus puissants.

 

L’histoire mondiale est un procès présidé  par la Moira. Après avoir donné sa contribution à la réalisation historique de l’esprit divin, chaque nation sera condamné à mort.

 

Dans un monde crépusculaire où l’oiseau de Minerve prend son vol, le sujet appartient à un ordre social constitué et loin d’être d’une idée totale, individuelle et vivante de cette société, il n’est qu’un  membre avec des posibilités bien limités.

L’homme moderne vit à nouveau dans un monde divisé, fragmenté à l’infini, où les intérêts, les actions sont marqués d’un “ particularisme infini”.

 

L’économie capitaliste est soumise à un mouvement élémentaire et aveugle dit Hegel à Iena!- Jeneanser Realphilosophie, II 231., blesée par la division du  travail et l’opposition “richesse-pauvreté”, la société civile est incapable de constituer un sujet universel et doit se soumettre à l’Etat..

 

Hegel parle déjà à Iena de la “ bête sauvage” de l’économie.

 

L’espoir extravagant de la Phénomenologie l’avait laissé dans l’ombre, mais Hegel reprend le thème dans la Philosophie du Droit pour achever la critique du monde contemporain.

 

Cette société bourgeoise -que Hegel avait bien lue chez les économistes anglais- est décrite dans la Constitution de l’Allemagne, en passant par les écrits de jeunesse jusqu’aux grandes oeuvres de la maturité- avec perspicacité, acuité et avec toutes les contradictions qui lacèrent le monde de l’industrialisme naissant.

 

Elle préfigure Saint.Simon, Proudhon et Marx et les réflexions sur la division du travail, l’accumulation des richesses, le paupérisme, l’argent, en somme l’aliénation du monde du marché décrit comme:

 

“ ein sich in sich bewegendes Leben des Toten”. -Realphilosophie I, 239-40. Jenerser I,24.-

 

qui y trouvent bien les racines de leur pensée.

 

La division du travail limite le travailleur “à un point, et le travail est plus parfait quand il est plus monotone”, Jeneanser Realphilosophie R.II,232, où la conscience de l’ouvrier est dégradée jusqu’à l’aboutissement”, J. R. Ph. I, 239...

 

A ce point le pouvoir de l’Etat-nation advient car il est la totalité éthique la plus haute. Il est infini parce qu’il a la structure du concept, et fini parce qu’il est un singulier temporel à côté d’autres singuliers temporels.

 

La religión, dans cette perspective, n’est rien d’autre que l’éthicité concrète et réelle, consciente de son propre esprit universel qu’elle réalise sous la forme d’un monde politique mais qui est en même temps l’objet et le sujet d’une contemplation et d’une puissance de l’esprit en et pour lui-même.

 

La critique du catholicisme du dernier Hegel n’est que la critique du fanatisme réligieux et de toute religión, qui conspire avec l’oppression politique et promet des compensations célestes à ceux qui souffrent des misères politique ou sociales, elle était présente non seulement dans la remarque au paragraphe 270 de la Philosophie du Droit dans la forme mûrement réfléchie de l’idéal de la jeunesse, qui de Tübingen à Berlin a peu changé.

 

Alicia Noemí Farinati

Facultad de Derecho

Universidad de Buenos Aires

Av. Alvear 1807

Buenos Aires

Argentina

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Bibliographie

 

Oeuvres de Hegel

Editions allemandes utilisées

 

Werke in zwanzig Bänden, E. Moldauer et K. M. Michel (éd), Suhrkamp, Frankfurt/M 1970.

Encyklopädie der philosophischen Wissenschaften, Hamburg 1969. (sigle E)

Grundlinien der Philosophie des Rechts, Hamburg 1955. (sigle Ph. R)

Phänomenologie des Geistes, Hamburg 1952. (Sigle Ph. G)

Hegels Theologische Jugend Sechriften. Ed. Nohl Tübingen, 1957. (Sigle Th. J)

Vorlesungen über die Philosophie der Weltgeschichte, Hamburg 1955. (sigle Ph. W)

Erste Druckschriften (Sigle E. D)

Glauben und Wissen, G.W 4 (Sigle GuW)

Differenz des Fichte’schen und Schelling’schen, System der Philosophie, in G. W. vol 4, Hamburg 1968.

Ienaer Systementwürfe III, IV, Hamburg 1976 (Sigle J. S)

Jenaer Realphilosophie, Vorlesungsmanuskrip zur Philosophie der Natur und des Geistes von 1905-06, Hamburg 1967.

 

Oeuvres sur Hegel

J. D’Hondt, Hegel, Paris 1998.

H. Marcuse, Reason and Revolution, Hegel and the rise of Social Theory, Boston 1966.

G. Lukacs, Der Junge Hegel. Uber die Berziehungen von Dialektik und Ökonomie, Frankfurt/M 1948/1973.

K. Papaioannou, Hegel. Vie et pensée, Paris, 1970.

G Planty-Bonjour, Hegel et la religion (dir.), Paris, P.U.F., 1982, 211 p.

 

 

 

 

 

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